patrick_charni

Passionné, perfectionniste et discret.

Depuis 30 ans, Patrick Charni arpente la communication.
Il dirige son agence de communication,
CHARNI l'agence, en toute discrétion, une discrétion que parfois certains lui reprochent dans un monde qui aime bien faire parler de lui.

"La communication visuelle et l'écriture, je suis tombé dedans tout petit", dit-il avec un sourire presque gêné.
"Quand chaque année, le professeur principal nous demandait de dire quel métier on voulait faire plus tard, je mettais toujours : écrivain ou dessinateur, en n'osant pas mettre professeur... professeur de quoi je ne savais pas mais professeur me semblait quelque chose de tellement prestigieux et inaccessible que jamais je n'ai osé !
En sixième, toutes les semaines, pendant les cours de français, on lisait un chapitre d'une histoire de science-fiction que je m'appliquais à écrire et à illustrer.
J'étais très bon en français et très bon en dessin, il a fallu choisir.
"

Directeur Artistique, puis Directeur de Création, il crée sa première agence en 1983.
"J'étais jeune et ambitieux. Je suis rapidement sorti de monde des grands groupes de publicité. C'est un milieu qui ne me convenait pas. J'avais envie d'être en contact direct avec mes clients et de rester au cœur des projets, ce qui ne m'a pas empêché de rencontrer de grands comptes qui aujourd'hui me font toujours confiance."
Et puis a émergée une troisième passion : l'enseignement ! Il co-dirige aujourd'hui avec Pascale Neveu, l'Ecole Supérieure des arts graphiques, du cinéma d'animation et de la création multimédia : Vocation Graphique.
"Parce que personne n'est immortel... Depuis le temps, si l'immortalité existait ça se saurait ! dit-il en riant. Et transmettre est un acte citoyen... Et naturellement humain. C'est ce qui peut faire avancer les choses même si parfois l'exercice est difficile."

L'écriture alors ?
"C'est une question de temps. Mais c'est toujours là. Heureusement, dans mon métier, on peut pratiquer, jouer avec les concepts et les mots... Mais c'est vrai : l'Anachrone est un "exercice" dont j'ai besoin.
Il me permet de rêver et de faire rêver autrement qu'avec des images. Il me permet de parler de moi, de vous, de nous... de ce dont nous sommes faits. L'Anachrone, malgré ses batailles, ses chevaliers, ses mages et ses sorciers est aussi un voyage intérieur. C'est d'ailleurs plus facile à mettre en exergue dans l'Héroïc Fantasy. Comment réagissons-nous face à l'inconnu, comment trouver et puiser les forces en nous pour dépasser certaines épreuves. Notre passé est là, son empreinte est forte et il faut déployer une énergie considérable pour faire des choix parfois simples mais en toute objectivité.
Alexandre, finalement, ne sait pas trop d'où il vient. Dans le premier tome, ce jeune publicitaire est jeté dans un univers qu'il ne connaît pas. L'adaptation est rude et il ne saisit pas du tout au début, ce qui se trame. Il est au milieu de complots, de trahisons pour un enjeu qu'il ne peut que soupçonner. Il lui faut, pour rester en vie, faire table rase de son schéma mental... Et cela l'amène à se demander s'il est bien celui qu'il croit être, qu'il croyait être jusqu'à maintenant car il s'aperçoit qu'il s'adapte beaucoup trop vite pour que cela soit tout à fait "normal"...
J'aime beaucoup aussi décrire "le Mal, le Sombre, le Dragon Noir", peut importe quel rôle celui-ci prend. Car dans l'Anachrone, le mal ne désire rien d'autre que vivre comme tout un chacun. Il a "juste" besoin d'un environnement qui lui soit favorable : c'est aussi basique et terrible que cela. Que ferions-nous si tout-à coup on s'apercevait que l'air de notre planète se raréfiait au profit d'autres créatures que nous-mêmes ?
"

Les projets de Patrick Charni ne manquent pas : photographie, livres ou sites sur le graphisme...
"C'est difficile parfois de faire des choix : les journées sont courtes..."
Il travaille ces jours-ci sur la suite de l'Anachrone et un roman policier fantastique.
"C'est plus facile pour moi de mener deux romans de front. Plus facile lorsque l'un s'essouffle de repartir sur l'autre."

Propos recueillis par Xavier Lecœur,
journaliste et ami.